Nouvelles de Valentin

Le mot du Président. 2

Dates à retenir.. 3

Repas de fin d’année (juin 2019) 3

Visite du musée des Sapeurs - Pompiers - 7 juin 2019. 4

Visite contée de Lyon par la société Cybèle.. 6

Courir en duo : On vous attend.. 7

Visite des carrières de Glay.. 9

Malvoyance et cécité : Comment gérer la suite ?. 10

Les revues et autres documents transcrits et imprimés par l’AVH de Lyon.. 12

Pourquoi suivre des cours de braille aujourd’hui?. 13

Accessibilité le début de la fin de l’exploration à l’aveugle   14

De nouvelles balises sonores vont cancaner.. 17

Un automobiliste condamné pour avoir agressé un aveugle et son accompagnant. 18

L'antenne de Lyon est aussi importante que celle de Paris – (Le progrès) 19

Vif succès pour le festival « Talents » du CAURADV.. 21

Laurence, « donneuse de voix » pour les aveugles et les malvoyants.. 23

Conférence : Usage, « mésusage » des médicaments par Denis Vital-Durand.. 24

Le coin des gourmands.. 24

Le mot du Président

Bonjour à tous,

Eh bien voilà une livraison abondante qui vous assurera de bons moments de lecture. Il devrait y en avoir pour tous les goûts. Cela témoigne du dynamisme de chacun au sein du Comité pour y organiser les activités les plus éclectiques. Les 130 ans de l’association, 120 à Lyon, manifeste une expansion des offres, puisque cela va même à la bijouterie depuis peu.
Avec toutes les informations que vous découvrirez dans l’Info flash, vous pouvez venir vous distraire, vous amuser, vous instruire et même musculer vos membres à vau-l’-eau. Nous vous attendons.

Reste à étoffer le nombre de bénévoles pour accompagner chacune de ces activités. N’hésitez pas à solliciter toutes les personnes que vous côtoyez, car plus il y en a moins la tâche est chargée pour chacun. C’est l’occasion de remercier tous ceux qui viennent donner leur temps, leurs compétences, leur amitié pour entretenir le climat de camaraderie que j’apprécie.

Enfin, prenez vos marques pour aborder les fêtes de fin d’année dans la joie d’avoir participé à conforter l’humanisme de notre monde.

Rendez-vous au mois de Janus (à deux visages) pour notre fête de rentrée avec Tombola et séance de parler lyonnois (guignol).

François Vital-Durand

Président

 

 

 

 

 

Dates à retenir

-L’association sera fermée le lundi 23 décembre 2019 au soir.

         Réouverture le 6 janvier 2020.

-Jeudi 23 janvier 2020 : Après-midi festive de 14 h à 16 h 30, au programme : Tirage de la tombola, spectacle surprise, goûter… Vente des tickets de tombola à partir du 2 décembre.

Repas de fin d’année (juin 2019)

Nouvellement bénévole à l’AVH, c’était mon premier repas avec vous. Dommage que la météo n’ait pas été au rendez-vous. Cela a coupé notre grand groupe en deux unités : un à l’intérieur et un à l’extérieur sous le store.

La convivialité a été au rendez-vous et comme d’habitude avec les aveugles nous avons bien papoté de tout et de rien, ce qui a permis de faire connaissance avec nos voisins, mais se déplacer pour rencontrer d’autres personnes n’était pas possible vu la configuration des lieux.

Enfin notre président a su animer notre table et ensuite toute l’assemblée. Mon seul regret en tant qu’aveugle était que je ne savais pas qui était présent.

Il y a peut - être des gens que j’aurai aimé revoir après des années, éloignés par la vie.

À l’année prochaine !

Annie COUDERT, Bénévole

Comme tous les ans l’AVH organisait le 21 juin dernier le traditionnel repas de fin d’année, il s’est passé au restaurant « jardin du pré fleuri » à Villeurbanne (69). Un avantage facile d’accès car métro direct.

Nous avions donc rendez-vous vers 12 h 30 et étions plus de 50 ce qui a permis à plusieurs personnes de se rencontrer.

Pendant que nous buvions l’apéritif le président en a profité pour nous souhaiter la bienvenue et une bonne journée.

Le repas était simple et bon, il était accompagné de vin blanc ou rosé bien frais.

Pendant que nous mangions, un des convives nous a joué quelques morceaux à la flûte.

Nous nous sommes quittés en milieu d’après-midi en se souhaitant un bel été.

Marc HAUSHALTER, bénévole.

Visite du musée des Sapeurs - Pompiers - 7 juin 2019

Nous avons visité le musée des sapeurs - pompiers de la Duchère le 7 juin dernier.

Cette visite m’a beaucoup plu. Ce musée est vraiment très intéressant.

C’est un musée associatif fondé en 1966, par le chef de corps des sapeurs–pompiers de Lyon, suite à la catastrophe de Feyzin du 4 janvier 1966 (une fuite de gaz entraîne l’explosion et l’embrasement de plusieurs sphères de stockage).

Le maire de Lyon, Louis Pradel met à disposition en 1971 des locaux dans le quartier de La Duchère pour permettre la présentation des collections du musée. La mobilisation des sapeurs–pompiers a permis de constituer une collection, conserver et restaurer une collection de 160 véhicules et plus de 3000 matériels pompiers datant de l’époque moderne à l’époque contemporaine.

Les engins de lutte contre le feu

La collection du musée permet d’appréhender l’évolution technique des véhicules de lutte contre les incendies : les premières pompes à bras datant du XVIIIe siècle, et de la pompe à vapeur ainsi que les premières pompes à moteur sont présentées.

Les 160 véhicules d’intervention sont visibles durant les journées du patrimoine. Les fourgons – pompes, les premiers secours, les échelles mécaniques, les ambulances, les fourgons de sauvetage témoignent de l’évolution du secours et l’ingéniosité du matériel développé par les sapeurs-pompiers volontaires dans les villages.

Les machines qui sauvent

Les premiers appareils de plongée, les secours sanitaires, les premiers appareils de réanimation et les combinaisons isolantes sont exposés. Cette collection date de l’entre-deux-guerres. Elle rappelle l’évolution des connaissances médicales, ses « ratés » et les risques pour l’époque.

Un peu d'histoire

Jusqu’à la Révolution, le matériel d’extinction se réduisait à des seaux et quelques pompes. Les sauveteurs devaient souvent démolir une partie des maisons en feu.

On faisait donc appel aux membres des corporations des métiers du bâtiment, seuls capables de faire "la part du feu" sans mettre en péril les constructions avoisinantes.

Plusieurs maîtres ou compagnons trouvèrent ainsi la mort.

En 1735, Montagnon, peintre et mathématicien, proposa une solution en inventant une pompe aspirante et foulante qu’on pouvait fixer sur la margelle d’un puits.

Un arrêté de 1801 portant sur la création d’un corps de spécialistes reconnus dans le maniement des pompes et le secours, témoigne d’un progrès décisif dans l’organisation de la lutte contre l’incendie.

Le corps des pompiers lyonnais était organisé sur le modèle de la Garde nationale.

La dure vie des pompiers lyonnais

Les sapeurs-pompiers volontaires servant au sein du bataillon créé en 1852 recevaient une maigre rémunération. La discipline était très stricte et l’on n’hésitait pas à punir le contrevenant pour les fautes vénielles, les amendes étaient prélevées sur la petite solde allouée.

Le barème de ces punitions, variant selon les responsabilités et le grade des fautifs, prêtera à sourire. Cette pratique fut supprimée par un décret national de 1953. Mal payés et corvéables à merci, les sapeurs-pompiers devaient avoir le feu sacré pour assumer leur dangereux devoir, presque pour la gloire seule !

Le secours à personne : premier rôle des pompiers

Aujourd’hui, le secours à personne constitue la tâche principale des pompiers français. Il n’en a pas toujours été ainsi.

Ce sont les docteurs Gailleton et Augagneur qui, au tournant des XIXe et XXe siècles, créèrent un service municipal d’assistance aux malades et aux blessés de la voie publique.

En 1901, la ville acheta une voiture d’ambulance hippomobile d’origine anglaise qui devait être conduite par des hommes disponibles en tout temps : on désigna les sapeurs-pompiers professionnels de la rue Molière, présents en permanence à la caserne et disposant d’une cavalerie particulière. Ils furent ainsi les premiers pompiers de France chargés de ce genre de mission.

Renée BENGUIGUI (bénéficiaire)

Visite contée de Lyon par la société Cybèle

Le 11 juillet dernier, la société Cybèle nous a proposé, et c’est une première, une visite contée du Vieux Lyon, au départ de la place Saint Jean à 10 h.

Nous étions 6 déficients visuels et 6 accompagnateurs. L’histoire fictive très bien racontée par Clémence, notre guide, nous a permis de découvrir Lyon à la Renaissance, grâce aux lieux traversés, mais aussi grâce aux personnages secondaires de l’histoire ayant tous réellement existés. (Louise Labbé, Philibert Delorme, Henri d’Albon de Saint Forgeux, Gadagne et tant d’autres).

L’histoire se déroule de la sorte :

« Gérard Fluchte, dont ses ancêtres hantent les lieux depuis 2000 ans, est un enlumineur au chômage ; attaché aux pratiques anciennes de l’imprimerie, il se lamente. Sa fille Anne, tournée vers l’avenir et le modernisme travaille comme domestique chez un puissant du quartier, Henri d’Albon de Saint-Forgeux dont la fonction est « Chamarier ». Il possède les clefs des portes de l'enceinte de la cathédrale.

La maison du Chamarier où travaille Anne est une grande maison bourgeoise comportant fenêtres à meneaux, escalier à vis, loggia à l’italienne, des ornements et surtout un puits. Anne aime le dessin, lors de ces ménages, Anne récupère de petits morceaux de papier et de charbon pour dessiner la réalité qui l’entoure. Un de ces premiers dessins est le puits de cette maison bourgeoise qu’elle aime tant.

Au vu de ses talents, le Chamarier présente Anne à un imprimeur, Claude, qui combat le monde coupé en deux de l’imprimerie : Ceux qui fabriquent les livres, et les libraires qui décident du prix des livres. Prix toujours plus bas, donc baisse des salaires. Louise Labbé, grande poètesse lyonnaise et Claude, aidés par le financement du Chamarier décidèrent de créer une imprimerie clandestine. Une imprimerie cachée dans une cave et Louise propose à Anne d’y travailler. Un père au chômage et un loyer de plus en plus cher Anne accepte. C’est comme cela qu’Anne fut embarquée malgré elle dans un terrible règlement de comptes entre puissants lyonnais.

C’est la révolte, le Chamarier a été dénoncé et arrêté. Anne sachant le Chamarier en danger n’a plus le cœur à travailler, elle sort dans la rue pour dessiner quelque chose et s’arrête devant la statue des trois Marie, et de la vierge surmontée de la coquille de Venus et en fait une esquisse.

Mais sans financement, plus d’imprimerie, alors Claude, Louise et Anne vont voir Thomas Gadagne, un riche marchand et banquier français d'origine florentine, pour lui demander de l’aide. Celui-ci un peu réticent finit par accepter en découvrant les talents de tous les dessins qu’Anne venait de déposer sur la table, en lui promettant deux ans de travail d’artiste talentueux gratuit.

Des rumeurs circulent avant le procès, le Chamarier serait mort en prison. Sans le Chamarier, Anne décide de s’enfuir très loin et une fois sur la place du Gouverneur, elle décide de rejoindre la traboule de l’auberge du Gouverneur qui lui permettrait de monter à la Croix Rousse et de disparaitre. Mais à l’entrée de la traboule, Anne poussée par son envie de dessiner, s’arrête devant deux statues, une sirène et un dragon déposées de chaque côté de l’entrée de la traboule. Elle dessina les statues à son image et une fois terminé Anne n’a plus envie de fuir.

Deux jours plus tard, le procès fut gagné par Claude, Louise et les ouvriers de l’imprimerie. Ils ont obtenu une belle somme qui permit le remboursement du prêt de Thomas Gadagne et permit à Anne de partir en Italie pour être auprès des plus grands artistes de l’époque pour parfaire sa technique du dessin. Anne revient à Lyon après plusieurs années d’expériences.

Pour Anne, la route fut longue et dangereuse. Tourmentée, apeurée, elle trouvera malgré tout la force de tenir bon et d’aller au bout de ses aspirations. »

La visite s’est terminée par un café convivial près de la place du change. L’histoire nous a vraiment captivés ! Il manquait juste quelques belles descriptions des traboules et des petites rues que nous avons traversées, qui auraient pu égailler davantage la visite de ceux qui n’y voyaient pas.

Lucille METTLER, salariée et Raymond HYBERTIE, Bénévole

Courir en duo : On vous attend

Depuis 2015, l’Association Valentin Haüy (AVH) sort régulièrement les baskets. L’équipe de Courir en Duo - « les fous à lier » pour les intimes (et les dossards) – se retrouve tous les mercredis pour une sortie sportive dans les allées de la Tête d’Or. Et elle n’attend que vous pour s’agrandir !

Comment ça se passe concrètement ?

La sortie du mercredi se prépare chaque semaine sur un groupe WhatsApp, qui permet d’assurer le nombre de guides suffisant. Coureurs et guides se retrouvent à la sortie du Métro Massena à 18h30 pour se rendre ensemble au Parc de la Tête d’Or. Là, les binômes se forment, selon le niveau, la forme du moment, les affinités, les conversations qui se sont engagées. Puis, on se lance, toujours au rythme de chacun - certains marchent, s’arrêtent parfois, d’autres partent pour deux tours de parc, veulent faire des fractionnés. Qu’importe ! On ne fait pas la course, nous : on court, tout simplement.

Le plus souvent, l’équipe fait un tour de parc, soit 3,5 kilomètres. Le temps que tout le monde se retrouve, coureurs et guides repartent vers le métro Masséna sur les coups de 19h30.

Quel niveau de course ?

Aucun ! On vient comme on sait courir, débutant, confirmé, pas très sportif ou compétiteur dans l’âme ; chacun va à son rythme et tout le monde s’adapte. Que l’on soit guide ou coureur, ce qui compte, c’est la motivation et l’envie de partager un bon moment. Le but de Courir en Duo restera toujours le même : courir avec plaisir, sans pression.

Preuve en est d’ailleurs : la diversité d’un groupe qui va de 22 à 69 ans, avec une parité presque parfaite !

Cette histoire de compétition ?

Pour se donner des objectifs, Courir en Duo participe depuis plusieurs années à deux ou trois courses par an. Il s’agit le plus souvent de relais, ce qui permet aux coureurs et guides d’être, encore et toujours, dans la même équipe.

L’idée n’est pas de viser la performance ou le chronomètre (la première année, on a terminé dernier : et alors ?). Participer à des courses nous permet d’avoir nos petits défis à nous, nous fait prendre conscience de la force du groupe qui rend capable de courir un marathon en relais, et, surtout, nous donne la fierté de n’avoir rien lâché.

Comment s’inscrit-on ?

Coureurs ou guides, la donne est la même : il faut passer par l’AVH (04 78 52 42 90) qui vous mettra en contact avec les responsables de l’équipe. Et, si vous hésitez ou voulez d'abord voir comment cela se passe, vous pouvez toujours appeler et demander à faire une séance d’essai !

Pourquoi venir ?

Parce que ça fait un bien fou. Courir en Duo est bien plus qu’une association : c’est une grande famille dont les liens se resserrent toujours plus. La force de ce groupe dépasse largement la seule routine footing du mercredi soir ; en témoignent les moments de partage, toujours plus nombreux, toujours plus fréquents. Au programme ces derniers mois : pique-nique, soirée foot, repas dans le noir, sortie au lac de Miribel-Jonage, randonnée … Bref, que du plaisir !

En bonus ?

Un dress-code exceptionnel : le gilet orange AVH. Voué à évoluer, on l’espère !

 Visite des carrières de Glay

Lundi 23 septembre, en ce premier jour d'automne, nous étions un petit groupe de 23 personnes à nous rendre à St Germain sur l'Arbresle pour visiter les carrières de pierres dorées à Glay. Celles-ci, après 500 ans d'exploitation, ne sont plus en activité depuis 1947.

Laissées à l'abandon pendant de nombreuses années, la restauration et la mise en valeur du site a été réalisée par un groupe de bénévoles désireux de faire connaître l'histoire du patrimoine. Pierre Forissier, à l'origine de cette réalisation, et très impliqué dans ses recherches sur l'histoire des carrières et la vie des pierreux, nous fit une visite du lieu commentée et agrémentée de nombreuses anecdotes.

Puis, nous avons pu rencontrer des sculpteurs sur pierre présents sur le site qui nous ont expliqué leur travail, nous ont permis de toucher leurs outils, et bon nombre de leurs réalisations.

Enfin, un rafraîchissement et une petite collation nous étaient offerts tandis qu'un des membres de l'association nous interprétait la chanson des carriers dont il est l'auteur.

Les bons moments ayant une fin, vers 16 h 30, nous prenions le chemin du retour.

Marie-Christine FORISSIER, bénévole

Malvoyance et cécité : Comment gérer la suite ?

François Vital-Durand, nous livre ci-dessous son témoignage sur la prise en charge des personnes atteintes de troubles sévères de la vue.

Introduction

Le nombre de déficients visuels, non ou malvoyants, n’est pas connu de façon précise. Beaucoup de personnes, souvent âgées, ne sont pas connues comme telles.

Il s’ensuit des variations de chiffres significatives. Selon les critères de l’OMS, il y aurait en France 207 000 aveugles (cécité et déficience sévère) ou malvoyants profonds et 932 000 déficiences modérées.

Mais on dépasse le chiffre de 1.7 million de déficients visuels si on prend en compte 620 000 malvoyants légers.

L’annonce de déficit

Lorsque la perte de vision est progressive, le patient s’attend au pire et l’ophtalmologue ne peut que préparer le patient au cours des visites qui s’étalent dans le temps.

Cela suppose une délicatesse, une écoute dont le patient n’ose espérer l’impossible.

Il n’en retient souvent que ce qu’il a envie d’entendre car il ne peut admettre le sort qui l’attend.

Lorsque la perte de vision est plus brutale, comme dans le cas de la DMLA humide ou d’accident traumatique, le choc est encore plus violent. Le désarroi est difficile à gérer.

Des images traditionnelles de la cécité ne font qu’augmenter le sentiment de perte de soi-même.

Dans les deux cas, le patient passe par les phases que les psychologues caractérisent en cinq séquences, communes à tous les accidents de santé. D’abord la sidération : « Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Ce n’est pas possible ! ».

Suit le déni : «  je vais aller voir ailleurs, il n’y a pas de raison que cela m’arrive ».

Ces phases sont parfois délayées dans le temps chez la personne très âgée qui a déjà fait le deuil d’une variété de capacités.

Suit une phase de dépression qui peut durer plusieurs mois.

Enfin l’acceptation : « le travail de deuil » permet d’accepter sa nouvelle condition et la vie se poursuit avec, chez les plus chanceux, une résilience, combat contre l’adversité, qui va révéler une capacité souvent extraordinaire à développer de nouveaux types d’activité, une réorientation des intérêts et un mode sublimant les limites inéluctables.

Le suivi médical

Le patient ne s’attend pas à être abandonné par le médecin qui ne peut plus rien faire pour améliorer son état visuel. Il a été suivi lors de la perte, il veut être accompagné dans son évolution personnelle. L’ophtalmologue a la responsabilité de l’informer et de l’orienter vers les pistes susceptibles d’améliorer sa vie quotidienne : la rééducation orthoptique, les centres de rééducation, les associations d’aide aux déficients visuels.

La rééducation orthoptique basse vision

Depuis les années 90, le Professeur Christian Corbé (Hôpital des Invalides à Paris) a montré que l’on peut entraîner les patients, particulièrement ceux atteins de DMLA, à utiliser une zone rétinienne épargnée d’une surface suffisante pour récupérer une vision fonctionnelle.

Conclusion

Le patient malvoyant ne doit pas être abandonné à son sort au terme des soins que son ophtalmologue peut offrir aujourd’hui. Le suivi, permet le travail de deuil et l’ophtalmologue doit inciter le patient à aller chercher ce qui est disponible pour l’aider à reconstruire sa vie de déficient visuel.

Source : Rétino n°109

François VITAL DURAND, Président

Les revues et autres documents transcrits et imprimés par l’AVH de Lyon

En complément des informations concernant les revues, que vous avez pu lire dans les précédents numéros, voici une liste des magazines et autres documents transcrits et diffusés par le comité lyonnais de notre association.

Présentation de l’équipe

À Lyon, la transcription est réalisée par une équipe, composée de cinq bénévoles et de deux salariés (tous les deux non-voyants).

Le comité dispose d'une embosseuse Braillo connectée en Ethernet sur le réseau informatique. Un "stacker" récupère les feuilles après la découpe du massicot et les entasse verticalement avant de procéder à la reliure des volumes.

L'imprimerie du comité de Lyon embosse environ 900.000 pages braille par an.

Les revues

En plus de la production des revues grand public Géo, Géo histoire et Science & vie, l’AVH de Lyon imprime épisodiquement des articles sur le handicap visuel comme un numéro spécial de Science et Avenir en 2016 sur la vision ; la revue de la ville de Lyon « Lyon citoyen » (distribuée gratuitement) est proposée en braille intégral et abrégé, en audio au format Mp3 et sur CD-Rom ou en fichier numérique sous Word et txt. L'ESAT Witkowska embosse la version en braille abrégé et se charge des fichiers audio ; « Étoile », revue de presse mensuelle d’une soixantaine de pages d'articles divers, est diffusée en braille abrégé; abonnement annuel de 40 euros auprès du comité de Lyon.

Tous les vendredis, les pages des programmes radio du magazine Télérama sont adressées par courriel aux abonnés, aux formats html et txt ; abonnement pour 52 semaines : 10 euros auprès du comité de Lyon.

La bibliothèque braille

Les ouvrages produits sont uniquement en location par abonnement. L'imprimerie produit des ouvrages en braille intégral ou abrégé. Certains textes courts sont produits en « braille facile », les lignes recto et verso sont décalées pour supprimer le chevauchement des points des pages paires et impaires.

Une centaine de livres illustrés pour enfants sont transcrits en braille ainsi que la description des images afin que les voyants et les non-voyants puissent suivre les deux supports simultanément.

Les autres productions

L’AVH de Lyon transcrit aussi en braille les bulletins de diverses associations nationales ou répond à des demandes d'administrations (sujets de concours, annuaires, chartes, etc.), d'entreprises ou de particuliers.

Et en 2018, l’équipe a participé à la transcription en braille de tous les panneaux et mains-courantes d'information du belvédère de la centrale hydroélectrique EDF de Villeurbanne Cusset.

Contacts

Pour vous abonner à une revue ou avoir plus d’informations sur l’activité du service Transcription de l’AVH de Lyon, contactez le comité. Par téléphone : 04.78.52.42.90. Par courriel : comite.lyon@avh.asso.fr

Le Louis Braille (mai-juin 2019)

Pourquoi suivre des cours de braille aujourd’hui?

Hier, connaître le braille était une nécessité pour sortir de l’isolement. L’ignorance et l’enseignement du braille furent la priorité de l’AVH lors de sa fondation. Mais apprendre, pratiquer le braille reste-t-il utile à l’heure du tout audio et des outils technologiques qui se multiplient pour rendre la vie des déficients visuels plus pratique ?

S’initier à cette écriture et à cette lecture tactile, à l’âge adulte, n’est pas chose facile ! Et pourtant, il s’agit d’une décision que prennent des malvoyants, des personnes menacées de cécité. Quelle étape courageuse dans l’entrée au pays différent de la malvoyance. Voici une réaction racontée par une « élève ». Elle a annoncé à une amie qu’elle se mettait au braille « le braille ?! Quelle horreur » c’est grâce à une tablette de Chocobraille que cette amie a appris qu’elle se trompait !

Nombreux sont les gens qui ignorent l’existence du braille. Ceux qui s’inscrivent aux cours en ressentent le besoin pour des raisons pratiques dans leur vie quotidienne : étiqueter des CD, lire des informations… Ils veulent pouvoir continuer à lire sur papier.

Des voyants viennent aussi pour des raisons personnelles ou professionnelles.

Garder ou retrouver le contact avec l’écrit, l’orthographe, le plaisir des mots est très important.

En tout cas, les participants ne manqueraient pas ces rendez-vous hebdomadaires malgré les efforts laborieux de mémorisation, d’entraînement, au sens du toucher « oh ! Là ! Là ! Ce n’est pas évident ! ». Les « profs » ne mettent pas la pression aux élèves, respectant le rythme, les difficultés de chacun. La première histoire lue avec les doigts, c’est très gratifiant !

Certaines « anciennes élèves » se sont mises à transcrire en braille des petits livres que peuvent lire à leurs enfants des déficients visuels, ces livres sont à emprunter à la bibliothèque braille auprès de Martine Remords.

Le cours de braille c’est beaucoup de patience et de ténacité et de bonne humeur.

Marie-Noëlle COFFINIÉRE, Bénévole

Accessibilité le début de la fin de l’exploration à l’aveugle

Le décret relatif à l’accessibilité numérique, application de la loi de 2018 est paru cet été. Point de Vue sur la Ville (PVV) vous expose l’essentiel de ce qu’il faut en retenir.

Dix pour cent des sites web nous sont aujourd’hui accessibles. Résultats pratiques : quand nous surfons sur le net, c’est la plupart du temps la croix et la bannière ! On navigue à vue autant qu’à l’oreille. Le lecteur d’écran nous raconte quantité d’informations totalement absurdes, si ce n’est illisible pour les malvoyants. C’est normalement pour mettre fin à nos galères trop quotidiennes, qu’est sorti le 25 juillet dernier, le très attendu décret sur l’accessibilité numérique, application de la loi sur la Liberté de choisir son avenir professionnel, issue de la directive européenne. Toutefois, si ce texte va dans le bon sens, il n’a rien d’une révolution. Une victoire est obtenue, mais de nombreuses batailles seront encore à mener.

Des avantages certains

Dans son esprit, ce décret est le petit frère d’une cohorte de textes juridiques sortis sur le même sujet depuis 15 ans : loi handicap (2005), loi sur la République numérique (2016) et loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel (2018). En termes d’application, ses avancées se résument en quatre points :

  • L’injonction d’accessibilité des applications mobiles. Avec le développement du smartphone, les sites web se déclinent de plus en plus en version mobile. Or, cet usage, songeons à celui de TCL, nous devient indispensable pour être informé en temps réel et donc gagner en autonomie ;
  • L’accessibilité numérique est étendue au secteur privé ; à savoir les entreprises dont le chiffre d’affaires s’élève à deux cent cinquante millions d’euros ;
  • Obligation est faite à chaque site d’afficher sa déclaration d’accessibilité conforme au Référentiel Général d’Accessibilité pour les Administrations (RGAA) ainsi que l’élaboration de son schéma pluriannuel d’accessibilité ;
  • La mise en place de sanctions administratives, le défaut d’affichage de la déclaration d’accessibilité et du schéma pluriannuel pouvant être sanctionné d’une amende.

Encore beaucoup de chemin à parcourir

À la lecture fouillée de ce texte, on constate cependant nombre de trous dans la raquette. Principalement quatre exemples ont de quoi refroidir notre enthousiasme :

  • Il ne mentionne absolument rien pour les mal voyants en matière de choix de police, gestion des contrastes, interlignage ou encore taille des polices ;
  • Seules cinq cent entreprises privées sont concernées par le texte ; donc quatre-vingt-dix-neuf pour cent du secteur privé est exclu du dispositif. Heureusement par conséquent que les applications mobiles nous sont plus accessibles !
  • Le décret prend une certaine distance avec la notion de « charges disproportionnées » telle que définie dans la directive européenne dont elle est issue. En effet, sous certaines conditions liées à la nature de l’entreprise, à ses moyens, au type de service fourni, à sa fréquentation ou encore à la nature du service rendu, celle-ci bénéficie d’une dérogation. Or, si le texte bruxellois posait quelques restrictions, dont des charges financières excessives ou l’impossibilité pour l’entité de répondre à sa mission, il définissait des cas où la « charge disproportionnée » n’était pas recevable ; comme l’absence de priorité, le manque de temps et le manque de connaissance. Il est regrettable que ces mentions soient passées aux oubliettes de la législation française !
  • Le décret reprend les très nombreuses exemptions de la directive européenne alors que certaines d’entre elles (vidéos, applications métiers pour ne citer que deux exemples) s’apparentent à un véritable déni du droit d’accès des personnes handicapées.

Quels que soient les défauts de ce décret, il a le mérite d’exister. Il va dans le sens de l’histoire et c’est là l’essentiel. Il nous appartient donc de nous en emparer pleinement pour faire reconnaître notre spécificité d’internaute. C’est pourquoi la proposition de Koena, société mettant le numérique au service de l’inclusion des personnes handicapées, nous séduit particulièrement. Sur son blog, Koena suggère d’aider à la mise en accessibilité des sites et des applications, via des dépôts de plaintes auprès, non du Défenseur des droits, mais de vrais tribunaux. Faire appel aux engagements internationaux de la France (signature de la Convention de Genève) pour démontrer les contradictions de la transposition en droit français de la directive européenne avec la convention internationale, voilà un moyen intelligent pour faire bouger les lignes. Dans notre lutte pour l’écran enfin accessible, ce serait aussi une façon de s’inspirer de l’affaire Domino’s Pizza. Imaginez si demain Guillermo Robles, aveugle résidant aux Etats-Unis, parvenait, via la Cour Suprême,  à obliger toutes les entreprises à rendre leurs sites accessibles. Quel pas de géant pour notre inclusion ! Allez, même si ce n’est pas encore pour demain en France, il est bon pour l’heure d’avoir cet « american dream » en tête.

Pour aller plus loin, lien vers un article paru dans la Gazette des Communes le 14 août 2019, présentant très clairement le décret et ses limites :

https://www.lagazettedescommunes.com/634699/accessibilite-numerique-un-p...

De nouvelles balises sonores vont cancaner

Les balises sonores déclenchées au moyen de notre télécommande, nous orientent de plus en plus dans nos déplacements au sein de la cité. Toutefois, faut-il encore qu’il y en ait suffisamment pour que notre chemin se déroule sans embûches. Point de Vue sur la Ville (PVV) vous tient informé des derniers déploiements lyonnais au sein des stations de métro et du site de Perrache.

« Le jour où nous entendrons les balises sonores, vous ne nous entendrez plus ! », a dit récemment Georges Masson lors d’une réunion sur le sujet. Et Dieu que cette formule sonne juste à nos oreilles lorsque ce dispositif faisant défaut, on peine à s’orienter dans l’espace ! C’est la raison pour laquelle depuis deux ans, PVV se bat pour que le SYTRAL démultiplie l’installation pilote de Saxe-Gambetta sur des stations prioritaires. Par-là, nous entendons celles situées sur une place ou un carrefour à gros trafic, quand les entrées s’avèrent moins aisées à trouver que lorsque la bouche de métro se situe sur un trottoir.

Des aménagements qui vont dans le bon sens

Notre persévérance aura payé. En effet, ce n’est pas moins de six stations lyonnaises que le SYTRAL s’est engagé à équiper. D’ici la fin de l’année, des balises sonores seront installées aux entrées des stations Bellecour, Place Guichard, Charpennes, Hôtel de Ville, Vieux Lyon et Grange Blanche. Et, cerise sur le gâteau, nos propositions d’améliorations ont été prises en compte. Les messages seront aussi concis que précis et, pour un meilleur confort d’écoute, dotés d’une voix féminine aux fréquences plus aigües. Il est gratifiant d’avoir obtenu de telles victoires !

On croise les doigts pour le PEM de Perrache

En ce qui concerne la continuité du cheminement au sein du Pôle d’Échange Multimodal (PEM) de Perrache, l’affaire, quant à elle, se poursuit. L’installation des quinze nouvelles balises sonores obtenues de longue lutte et qui devait être réalisée en juin et juillet de cette année, n’est toujours pas effective. Il nous faudra donc attendre l’automne avancé pour une visite de terrain. C’est d’autant plus regrettable qu’il aurait été judicieux de re questionner l’ensemble du cheminement en tenant compte des évolutions du site. Certes, la Métropole s’est engagée à réunir toutes les parties prenantes lors de cette consultation a posteriori, mais il est fâcheux que l’on ne soit pas sollicité en amont de tels aménagements. Toutefois, soyez certains que le Grand Lyon nous entendra plus que les balises sonores si les travaux ne nous satisfaisaient pas. D’ailleurs, la balle sera dans notre camp. Le signalement des dysfonctionnements s’effectuant auprès du service GRECO, la procédure étant commune aux trois «interlocuteurs » du site - SNCF,  Métropole de Lyon, SYTRAL. Même si nous espérons en avoir peu l’utilité, il est toujours bon d’en connaître l’existence.

Véronique RIFFAULT, bénévole

Un automobiliste condamné pour avoir agressé un aveugle et son accompagnant

Il a été condamné à 2 000 euros d’amende, dont 1 000 euros avec sursis, et à 18 mois de suspension de permis de conduire après cet incident, filmé et largement diffusé en ligne.

L’incivilité paraît tristement banale. Les faits, eux, ne le sont pas. Ce mardi 16 juillet, un conducteur comparaissait devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour avoir refusé la priorité et agressé un aveugle et son accompagnant.

La vidéo a fait le tour du Web. Le 16 juin, un policier en civil passe par hasard dans le 12e arrondissement de Paris et filme la scène édifiante : un aveugle et son accompagnant tentent de traverser au passage piéton, quand un véhicule leur coupe la route en leur refusant la priorité.

Mécontent, l’accompagnant porte un coup sur le toit du véhicule. Le chauffeur s’extrait alors de l’habitacle, furieux, et assène plusieurs gifles à l’accompagnant. Il invective l’aveugle à son tour en lui demandant d’enlever ses lunettes « pour le frapper », puis renonce. L’épouse du prévenu tente d’arrêter cette escalade de violence avant qu’un passant menace d’appeler la police. Le couple finit par regagner sa voiture.

« Je n’ai même pas vu qu’il avait une canne »

Devant ces images diffusées lors de l’audience, le prévenu, un homme de 68 ans, d’origine espagnole et accompagné par une traductrice, reste coi : « Je ne me reconnais pas. C’est la première fois de ma vie que cela m’arrive. » Selon lui, son déchaînement de violence est la conséquence d’un malentendu :

« J’ai d’abord demandé pourquoi il avait tapé sur mon véhicule. Puis je n’ai pas compris ce que l’accompagnant m’a répondu. Je ne savais pas s’il avait prononcé le mot “piéton” ou “con”. Puis à partir de là, c’est la catastrophe ».

« Saviez-vous qu’il s’agissait d’un malvoyant ? », demande la présidente.

Non, je n’ai même pas vu qu’il avait une canne. J’apercevais juste qu’il avait quelque chose dans la main. 

Alors pourquoi avoir choisi de frapper l’un plutôt que l’autre, les deux hommes portant tous deux des lunettes ? », rétorque la présidente.

Silence. Après quatre jours d’incapacité totale de travail pour l’homme malvoyant, dus au choc émotionnel, les deux victimes, des jumeaux, sont encore très perturbées par cette agression : « J’ai ressenti une grande violence. En général, une voiture sur deux ne nous cède pas le passage et ça s’arrête aux injures, témoigne l’accompagnant. C’est la première fois que c’est aussi stressant. J’étais très inquiet pour mon frère. »

Les associations des aveugles et amblyopes, Voir ensemble et l’Union nationale des aveugles et déficients visuels (Unadev), ont tenu à se constituer partie civile. « Vous êtes lâche, martèle l’avocat représentant l’association Voir ensemble au prévenu. Lâche de vous en prendre à un homme, à un aveugle, de fuir les explications, de dire que vous n’avez pas vu qu’il était malvoyant. Soit vous mentez, soit vous êtes vous-même aveugle. »

Face aux deux frères, le prévenu se tord les mains, baisse la tête et demande pardon aux victimes. Il écope de 2 000 euros d’amende, dont 1 000 euros avec sursis, et de 18 mois de suspension du permis de conduire.

Venantia PETILLAULT, journaliste

L'antenne de Lyon est aussi importante que celle de Paris – (Le progrès)

C'est à la fin du 19è siècle qu'est née l'association d'aide aux déficients visuels, baptisée d'après le pionnier Valentin Haüy, créateur d'une école dès 1784.Parmi les 97 représentations de France, celle de Lyon est l'une de plus importantes : 6 salariés, dotés ou non de handicap, tiennent une boutique de matériel spécialisé et assurent des formations ad hoc. Une instructrice en locomotion enseigne à se déplacer. Au sous-sol sont imprimés de nombreux livres en braille et des magazines (Géo, Histoire, Sciences et Vie)... "Nous mettons la dernière main à la version braille du Lyon Citoyen, ensuite envoyé à une soixantaine d’abonnés en direct, d’autres exemplaires sont mis à disposition dans les mairies. Journaux et livres, plus volumineux et fragiles que leur version traditionnelle, sont expédiés dans des emballages protecteurs et bénéficient d'une franchise postale" précise le président du bureau, François Vital Durand, Docteur ès sciences inventeur de la consultation bébé-vision en 1982 à Lyon-Sud. Quant au secrétaire général Dominique Marichez, il détaille : "170 bénévoles s'investissent pour améliorer la vie de 800 bénéficiaires réguliers ou des 3000 malvoyants qui recourent ponctuellement à nos services. Nous disposons d'une bibliothèque en braille et sonore, et une vingtaine d'activités sont proposées : course ou vélo en tandem, Torball (l'équipe lyonnaise a été championne de France l'an dernier), Cécifoot en vogue depuis son entrée aux jeux paralympiques, mais aussi chorale, ludothèque, théâtre, cours de cuisine, sorties raquettes et ski alpin, massages, cours d'informatique, conférences, sorties, et cours de braille". "Toutes ces propositions nécessitent de nombreux bénévoles : n'hésitez pas si vous êtes disponibles ! Les dons et legs sont aussi indispensables à la vie de l'association" concluent les responsables. Signalons la belle initiative du personnel de Veolia, qui durant sa journée solidaire le 8 octobre, accompagnera un groupe de non-voyants auxquels ils décriront le patrimoine au fil d'une marche entre Rochetaillée et le Pont La Feuillée. Un déjeuner partagé aura lieu à hauteur de l'île Barbe.

Cambriolage au Comité Valentin Haüy de Lyon

Le 12 août dernier, le Comité Valentin Haüy de Lyon a été cambriolé : un lundi matin à l'aube, le malfaiteur a fracturé la porte arrière de la boutique du Boulevard des Belges, emportant un butin conséquent : des ordinateurs portables ainsi que du matériel spécifique pour les aveugles : télé-agrandisseurs visant à afficher des documents en grand format sur écran, plaques de cuisson ou balance parlantes : des objets relativement encombrant et lourds. Les responsables expliquent : "bien que visible sur la caméra de surveillance de l’établissement, le malfrat n’a pas pu être identifié à ce jour, et aucun des objets volés n'a été retrouvé. L'enquête de police est en cours. L’expert de l'assurance doit venir courant septembre pour évaluer le préjudice (estimé à près de 10 000 €). Les salariés, les bénéficiaires et les bénévoles sont ulcérés. La salariée qui tient la boutique est sous le choc". Le président du comité local poursuit : "nous nous sentons bafoués dans notre engagement. L'association vit essentiellement de dons et de legs, de la générosité et de la solidarité bénévole. Un tel cambriolage est scandaleux". Et de conclure : "on survivra à cette agression, mais c'est rageant".

Sylvie SYLVESTRE – Le Progès – 15/09/2019

Vif succès pour le festival « Talents » du CAURADV

Le talent ne tombe pas du ciel. Il est le fruit de beaucoup de travail, de ténacité, mais aussi de passion et d’audace. C’est pourquoi, le 28 septembre dernier, le festival « Talents » du Comité Auvergne-Rhône-Alpes des Déficients Visuels (CAURADV), dont l’Association Valentin Haüy (AVH) est partie prenante, a été une réussite à bien des égards.

Ils étaient près de deux cent à avoir préféré la chanson et le théâtre à la douceur d’un samedi après-midi d’automne. Et les conversations entendues à la sortie laissent à penser qu’aucun n’a regretté son choix. «La pièce de théâtre « Paul, Virginie et Robinson » de l’AVH m’a rappelé le film « Prête-moi tes yeux » de Sacha Guitry. L’entraide et l’amour de l’art, voilà le secret d’un bon théâtre ». « La Chorale « La Valentine » de Pierre Godde, a, par son enthousiasme, très bien su entraîner la salle à chanter en chœur « La ballade des gens heureux ».

Mise en lumière de talents singuliers

L’objectif d’offrir une image positive du handicap visuel a donc été atteint. Tous les artistes présents ont démontré que l’expression d’un talent n’avait rien à voir avec l’acuité visuelle. Il dépend bien plus sûrement de la capacité à travailler un domaine pour lequel on se sent quelques dispositions. Et pour lequel, on est prêt à consacrer temps et énergie.

Ouvrir les yeux sur des héros discrets

Au spectacle de chanteurs, acteurs et interprètes locaux, a succédé la remise de trophées. Une récompense visant à distinguer des personnalités remarquables dans quatre catégories : études, aventure, entrepreneuriat et sport. À travers les exemples d’une doctorante en philosophie, deux globe-trotteurs invétérés, un start-uppeur d’intelligence en bâtiments ou encore un champion de ski, ce sont d’autres regards sur la déficience visuelle qu’a mis en lumière le CAURADV. Même si les primés ont eu la performance modeste – pour eux, c’est normal car leur quotidien-, comment ne pas être admiratifs de leurs prouesses, sachant qu’ils évoluent dans une société où l’on accède à l’information à quatre-vingt pour cent par la vue ? Le coup de projecteur qui leur a été fait n’a pas nié le prix  en sueur, adaptation et volonté de tels succès. Sa vertu a pourtant été ailleurs. Dans la preuve que parce que là où il y a un désir, il y a un chemin. Cette mise en avant de parcours originaux est louable. Elle confirme que l’inclusion des déficients visuels est affaire de volonté et de travail conjoint entre les pouvoirs publics, les associations et les personnes handicapées elles-mêmes. Une modalité d’action qu’ont également rappelée Sandrine Chaix, adjointe en charge du handicap au Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes et Frédéric Vermeulin, adjoint en charge du handicap à la mairie de Villeurbanne ; tous les deux présents à cette manifestation.

L’Union fait la force

Le succès de ce festival ne doit rien au hasard. Il est le résultat d’une riche collaboration pour laquelle l’AVH a joué un grand rôle. En effet, désireux depuis sa création  en 2016 de tout mettre en œuvre pour sortir le handicap visuel de l’ombre, nous avons œuvré à jouer des complémentarités de chaque association membre*. Certains ont ouvert leur carnet d’adresses pour communiquer les bons contacts, d’autres se sont démenés pour avoir « à l’œil » qui un photographe, qui un animateur ou qui une plume à même d’interviewer les artistes pour l’audio description. Un système D résumant bien le génie du monde associatif et qui, localement, relève du trésor. Une occasion de rappeler que ce succès doit beaucoup à l’engagement de nos bénévoles qui, toute l’année, accompagnent malvoyants et aveugles, et qui, pour l’évènement, ont aidé aux déplacements comme au service. Un buffet qui a été fort apprécié et permettra par les fonds récoltés au CAURADV de remettre prochainement à l’Institut de recherche Rétinite Pigmentaire (IRRP) un chèque de plusieurs centaines d’euros.

Pour retrouver les meilleurs moments du festival : www.cauradv.org

*Les associations membres sont : Association Valentin Haüy, FAF APRIDEV Rhône-Alpes, Centre Technique Régional pour la Déficience Visuelle (CTRDV), Voir ensemble, Formation Insertion et Réadaptation (FIDEV), Mouvement des Aveugles et Handicapés Visuels Unis 42-43, EHPAD Les Edelweiss, Groupement de Chambéry, association les Aramaviens, Point de Vue sur la ville, FAF GAIPAR Auvergne et EHPAD les Girondines

Laurence, « donneuse de voix » pour les aveugles et les malvoyants

Chaque semaine, pendant deux heures, Laurence Bardin, retraitée de 66 ans, vient s'enregistrer dans les locaux de l'association Valentin Haüy. Elle lit des ouvrages qui permettront à des personnes aveugles ou malvoyantes de les écouter.

Mon père, qui est mort il y a cinq ans, était atteint de DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge). Passé le choc du diagnostic, il a cherché comment se procurer des ouvrages sonores, c'est ainsi qu'il s'est rapproché de l'association Valentin Haüy. Quand j'ai vu à quel point c'était important pour lui, j'ai demandé aux membres de l'association s'ils avaient besoin de lecteurs.

J'ai commencé à venir m'enregistrer il y a douze ans, à raison de deux heures par semaine. On ne vient pas avec son livre, on en choisit un dans la bibliothèque de l'association. Il y a de tout : des romans, de l'actualité, de la politique, des livres pour enfants, des recettes de cuisine, de la science-fiction. Un jour, il ne restait vraiment plus que des romans de gare et je faisais un peu la moue. La responsable du service m'a dit : “ Vous ne pouvez pas savoir le nombre de lecteurs qui nous les demandent !” C'est une motivation supplémentaire.

Je garde cela tout le temps à l'esprit : je ne viens pas lire pour moi. En tant que bénévole, je dois m'adapter.

J'espère que ma voix ne s'est pas détériorée au fil des années. Je sais qu'avec l'âge elle est moins bonne parce qu'on a tendance à moins articuler, moins faire attention à l'intonation et à la modulation. Parce qu'on peut avoir une voix grave ou aiguë, la seule chose qui compte, c'est qu'il y ait de la vie dans cette voix. C'est elle qui doit permettre aux lecteurs de ressentir toutes les émotions d'un texte. Je sais que je ne peux pas lire à voix haute plus de deux heures, cela dessèche énormément la gorge et je sens bien que je n'ai pas les mêmes cordes vocales au début et à la fin. En revanche, il m'est arrivé de recevoir un message d'une auditrice heureuse d'un de mes enregistrements. Sans en tirer aucune vanité, cela m'a fait plaisir de voir que l'intention que j'avais mise dans ma lecture avait été perçue.

Maintenant, je me dis que ce qui serait bien, c'est qu'on puisse faire venir des élèves d'écoles de théâtre. Il y a quand même surtout des cheveux blancs dans l'association, alors que je pense que les auditeurs gagneraient à ce que nos voix soient parfois plus jeunes. »

 Eric Garault/PascoandCo pour « l'Obs »

Conférence : Usage, « mésusage » des médicaments par Denis Vital-Duran

 

Si vous souhaitez écouter cette conférence très intéressante, elle est accessible en cliquant sur le lien suivant.

https://drive.google.com/open?id=1z8EpJ6Ydfoksp9Rp3Rq26v1JJCEqkGl2

Le coin des gourmands

RISOTTO DE POTIRON AUX NOISETTES

Très facile - 4 personnes – préparation 15 min – cuisson 25 min

Ingrédients : 250 g de riz rond, 400 g de potiron, 40 g de noisettes, 1 oignon, 1 litre de bouillon de légumes, 1 filet d’huile d’olive, 10 cl de vin blanc sec, quelques copeaux de parmesan et du persil, sel, poivre.

  1. Faites revenir l’oignon émincé et le potiron, coupé en petits dés, dans l’huile d’olive. Ajoutez le riz et laisser cuire 3 minutes. Arrosez de vin, saler et poivrer.
  2. Lorsque le vin s’est évaporé, tout en poursuivant la cuisson, ajoutez une louche de bouillon de légumes chaud et attendez que le riz l’ait absorbé pour renouveler l’opération jusqu’à ce que le riz soit tendre.
  3. Pendant ce temps, torréfiez les noisettes. Ajoutez quelques copeaux de parmesan et de persil sur le risotto, salez, poivrez et parsemez de noisettes.

TARTE AMANDINE

Assez facile – 4 personnes, préparation 15 min, cuisson 40 min

Ingrédients : 1 pâte à tarte sablée, 1 boîte de poire au sirop (850 ml), 125 g de beurre mou, 125 g de sucre, 125 g de poudre d’amande, 2 œufs, 25 g de farine, 3 cuillères à soupe d’amandes effilées, 1 cuillère à soupe de confiture d’abricots.

Préchauffer le four à 180°C, Déroulez la pâte sablée dans un moule à tarte. Égouttez les poires au sirop, tranchez-les et répartissez-les sur la pâte.

Préparez la crème en mélangeant le beurre, le sucre et la poudre d’amandes, ajoutez les œufs un à un en laissant la crème bien montée. Puis terminez en ajoutant la farine. Répartissez la crème sur les poires.

Enfournez 40 min.

Faites torréfier les amandes dans une poêle à sec pendant quelques secondes, À la sortie du four laissez tiédir la tarte, puis parsemez là d’amandes effilées.

Faites chauffer la confiture d’abricots, mélangez-la à la cuillerée à soupe d’eau et napper en la tarte.

Nathalie BESTIEU

 ‘LES NOUVELLES DE VALENTIN’

Prochaine parution : Juin 2019

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